Month: August 2014

Hot dog, tapette à souris et foot US

Hier, je raccompagne mon collègue de français chez lui et il se rend compte qu’il a oublié ses clés. Je décide d’attendre avec lui l’arrivée de sa femme et on discutait tranquillement devant son garage lorsque l’on voit un homme sur le parking de l’école d’en face en train de vomir. Une minute se passe et le bonhomme appuie sur le klaxon de son pick up pour attirer l’attention: quelque chose ne va pas. N’écoutant que notre courage, nous accourons pour constater que le gentleman ne peut presque pas respirer. Il a quelque chose de coincer dans la gorge. J’appelle 911 à qui j’explique la situation; ils me demandent ce que l’homme a dans la gorge. Je pose la question au monsieur qui peut à peine articuler et me dit “un howw dogg” Et là je me dis “non, il vient pas de me dire “hot dog” ça serait trop cliché. Je répète ce qui vient de mettre dit au téléphone et une ambulance part immédiatement. Lorsque le magnifique camion rouge arrive 1 min plus tard, l’homme avait déjà recraché sur le pavé ce qu’il confirmait être un hot dog.


L’une des choses que l’on peut envier aux américains, en tout cas dans ce coin du pays, c’est que les gens se parlent plus facilement. J’ai le sentiment que les gens sont moins distants. Ils entament facilement la conversation dans les magasins. Le problème quand même est que ce n’est pas écrit sur mon front que je suis un étranger (à part quand je porte un pantacourt;), de ce fait, je peux être dans la file d’attente d’un magasin et sans prévenir me faire enchainer en anglais. 2 exemples coup sur coup hier. J’étais à Walmart au rayon outillage pour m’outiller 😉 lorsque la dame à côté de moi me demande: “vous savez comment ça marche?” Entre ses mains je vois une tapette à souris. Je lève les yeux flatté qu’elle m’aie pris pour un expert en dératisation et j’écoute la dame m’expliquer son problème que je comprends qu’à moitié. 5 min plus tard, alors que j’étais à la caisse, 2 mamies viennent me voir et me disent je cite “Excusez-moi de vous déranger mais on vous a jamais dit que vous ressembliez à Drew Brees?”. Je m’excuse d’être français et l’une de dames m’explique qu’il s’agit d’une star des “Saints”, l’équipe des football US de la Nouvelle Orléans. De retour chez moi, google image m’apprend que les mamies ont besoin de lunettes (photo ci-dessous). Drew Brees


Dans 2 jours,  c’est le plus beau jour depuis mon arrivée: le reste de la petite famille arrive :)

Devant la classe.

Une chose que j’ai très vite remarqué chez mes élèves, c’est leur goût pour le spectacle. Ils aiment se mettre en scène et jouer la comédie. La ou les petits français se cachent pour passer aux tableaux, les américains sont très volontaires et font preuve de créativité. Voici un travail fait en classe en 2 heures (écriture et mise en scène). Ils ont eu plein d’idées de mise en scène qu’ils ont mis en place spontanément.

La consigne était de créer une dispute entre une mère et son enfant en réutilisant ce qu’on avait vu en classe. Rien d’exceptionnel mais ça vous donne une idée du niveau de français écrit et oral des élèves…

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Fin prêt ou presque

J moins 5 avant l’arrivée d’Alice et les enfants. Ces dernière semaines, je me suis efforcé de remplir l’appartement du mieux possible, j’ai fait un peu peinture sur de vieux meubles et j’ai visité plusieurs école pour les enfants.

Aux Etats Unis l’école n’est obligatoire qu’à partir de 5 ans révolu. Avant ça, il y a des day care pour les plus petits et des pre-K pour les enfants de 4 ans. Ces établissements privés sont très différents les uns des autres et il faut souvent se rendre sur place pour savoir à qui on a à faire.  Cela peut être de vielles baraques avec des jouets en plastique dans le jardin, de belles bâtisses liés à une église et sa communauté ou la crèche de l’université par exemple. J’ai finalement opté pour une école à côté de chez nous. Lorsqu’on y rentre on est accueilli par une musique à la Mickey et des néons mais le personnel m’a l’air très bien et les locaux aussi. Principaux avantages: on peut y aller à pied de chez nous et Nola et Eden seront dans la même école. J’ai le sentiment que vous allez souvent en entendre parler sur le blog.

Voilà, j’ai maintenant hâte de les voir évoluer dans ce nouveau petit monde de ce côté ci de l’océan…. Quelques photos de l’école et de l’appart:

La culture US au collège.

Les élèves ont le même emploi du temps tous les jours. Les mêmes matières tous les jours et dans le même ordre.

Lorsqu’un élève passe au tableau, ces camarades l’encourage. On peut entendre des “HOOOO HOOOO”

Il n’y pas de papier A4 à la photocopieuse.

Tous les élèves ont des sacs à dos qui permettent de voir à travers. Question de sécurité surement.

Il y a une petite sonnerie pour prévenir que la grande va sonner. Les élèves préparent alors leurs affaires.

Pour réciter les jours de la semaine, certains élèves commencent par dimanche, lundi, mardi…

Nous rentrons nos notes sur informatique comme en France mais ici quand l’élève a eu une très mauvaise note, un message automatique est envoyé à ses parents.

Aujourd’hui, c’était la réunion parent/professeur, je rencontre la maman de Kallie à qui je suis ravi d’annoncer:  “C’est un très bon début, elle vient juste d’avoir un 19 sur 20 avec moi”. N’ayant pas la réaction que j’attendais, je précise:  “c’est comme A+”… “Oh! c’est super” comprend la maman se tournant vers sa fille.

Pour cette réunion, ils ont d’abord rassemblé tous les enseignants dans le gymnase où l’équipe de basket s’entraine. Les parents étaient dans les gradins autour de nous: drôle d’impression…

Ci-dessous un endroit à côté de ma salle où les élèves qui le veulent signent et s’engagent à suivre les règles et bien se comporter. Aussi, une affiche qui annonce l’élection des délégués et les critères pour se présenter.

 

“Vous ne devez pas aller sous les tables…”

L’une des principales différences avec les écoles françaises, c’est la présence dans chacune des classes d’un haut parleur que la principale utilise au moins une fois par heure. Il y est fait toutes sortes d’annonces qui concernent en général l’ensemble des élèves. Le petit reproche que je ferai c’est que ces interventions sont parfois longues et nous coupent trop souvent dans nos cours.

Bref, j’étais dans l’une des salles de français où Caroline terminait de donner un cours à des 6èmes lorsque le haut parleur se fit entendre. Caroline aussi agacée que moi par ses interruptions se tournent vers moi pour que je lui fasse la traduction. Je lève le menton, fronce les sourcils et essaye de retenir les informations les plus importantes: “Une personne inappropriée est sur les lieux de l’établissement, veuillez fermer les portes de vos salles et ne laisser personne aller au toilette ou sortir pour quelque raison que ce soit”. “On doit fermer nos portes?” me demandent Caroline; “un personne inappropriée?!” Je me dis. On s’avance vers Benoit, l’autre prof de français pour être sûr de la marche à suivre lorsqu’une prof d’histoire m’appelle à l’autre bout du couloir.

C’est Jennifer, la prof d’histoire avec qui je partage l’une de mes salles. “Tu dois t’occuper de tes élèves et t’assurer qu’ils ne sortent pas”. Nous rentrons ensemble dans la classe et Jennifer dit aux élèves “Ne vous inquiétez pas, vous n’aurez pas à aller sous vos tables”. Cette jeune prof américaine commence à avoir l’habitude de me voir halluciner. “C’est un soft locked down, c’est ce qu’on fait par exemple quand une épicerie se fait braquer dans la région”. Elle se dirige vers le fond de la salle et semble agacée “Ah, le store est cassé, il faudrait mettre quelque chose pour calfeutrer…”

En face de moi, une classe avec qui le courant passe très bien: “Ne vous inquiétez pas monsieur, c’est une fausse alerte” lance Kiara au premier rang. “Non – reprend ma collègue américaine – c’est pour de vrai…”. Sur ce, Jennifer me laisse avec ma classe. Je commence mon cours et au bout de 5 min, on entend quelqu’un frappé à la porte. Je me retourne vers la porte, je regarde mes élèves, je regarde la porte “Et la… qu’est-ce que je fais?…”. Petit silence dans la classe. Je m’avance doucement vers la porte, je la déverrouille et j’entrevois Blace, une autre élève de ma classe. “J’ai cru que tu allais nous tuer” lui dis-je en souriant.

Ces “soft locked down” ne sont pas la preuve que la Louisiane est un lieu dangereux mais plutôt que les Etats Unis aiment les systèmes procéduriers. Pour me remettre de mes émotions je me suis acheté un pot glace que j’ai pris en photo en pensant à ce que j’allais écrire sur le blog;)

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Mes premières impressions au collège

Je termine ma première semaine de cours. Je ne voulais pas écrire trop tôt pour ne pas lancer de jugement trop hâtkids-back-to-school-is-coolif sur l’école, ses élèves et mes premières impressions.
La bonne nouvelle est que les collégiens américains sont très normaux. C’est la première réflexion qu’on s’est fait avec mes collègues français. Ca peut paraître étrange comme pensée mais croyez moi lorsqu’on est plongé dans un établissement où TOUT est different, de la serrure des salles de classe aux calendrier scolaire, de la température extérieur aux prénoms des élèves, on a tendance à croire qu’il en serait autrement.
C’est d’ailleurs amusant à quel point l’idée de culture est quelque chose de complètement invisible et souvent impénétrable. Ces gamins arrivent à l’école en pick up 4 portes, en jeep ou dans leur jolie bus jaune. Ils n’ont pas du tout le même rapport à la nourriture, la religion ou le sport et pourtant, une fois dans une salle de classe c’est les mêmes qu’en France. Comme si la relation prof/ élève était universelle. On retrouve les mêmes disparités de comportement dans les classes, et les mêmes dynamiques de groupes.
Dans l’ensemble, je suis content de mes classes (je m’attendais au pire). J’ai tout de même deux classes de 4ème avec des élèves qui n’ont pas choisi le français et là c’est un peu plus corsé. J’y retrouve trois ou quatre élèves pas méchants mais qui aiment bien s’amuser. Typiquement le genre d’élèves à qui il est inutile de «rentrer dedans » et qu’il faut « avoir » au relationnel mais bon voilà la barrière de la langue ne simplifie pas les choses.  J’ai quand même bon espoir de construire un petit lien de confiance avec eux. L’avenir me le dira.
Mon plus grand ennemi sera la système scolaire qui n’offre aucune récréation, 25 minute pour manger et pas de vacances avant novembre. Les élèves sont crevés d’autant que beaucoup font football ou pom pom girl tous les soirs de la semaine.

Ce midi j’étais de surveillance extérieur et j’observais un groupe de garçons qui prenaient sur leur pause déjeuner pour jouer au basket. Ces grands blacks transpiraient dans leur uniforme, leurs gestes étaient fluides et entrainés. L’un d’entre eux avaient une coupe de cheveux façon « prince de Bel air » et bien entendu il surpassait techniquement ses camarades. Sur une grande étendue d’herbe derrière eux, je pouvais voir d’autres élèves se lancer une balle de football américain, un élève rachitique traversait le terrain sans réel but et un autre, obèse, s’appuyait sur le poteau du panier de basket les yeux dans le vague. Le ciel était bleu comme celui de la veille et au loin on pouvait entendre s’approcher à grande vitesse les pâles d’un hélicoptère. Arrivé à notre niveau, cet hélicoptère de l’armée nous fit tous lever les yeux au ciel : une fraction de seconde aussi courte que cette récréation qu’un coup de sifflet allait interrompre. Ca y est, on y est, l’école a commencé.

La voiture

A la demande générale (de Aude et Fabrice), voici des photos de ma voiture et de celle de mon voisin que j’essaye  de ne pas abîmer tout les matins (j’ai toujours eu le respect de l’uniforme). Ma voiture est une dodge caravan 2007.  J’ai pris les photos rapidement avec mon portable pour éviter de me faire plaquer sur le capot par le dit “sheriff”.

Des détails américains

Je n’ai pas encore rencontré les élèves car aujourd’hui et demain ce sont des réunions avec l’ensemble du staff enseignant. Un petit détail: le gouverneur de Louisiane et son superintendant ne s’entendent pas. Résultat: on ne sait pas comment seront évalués les élèves en fin d’année. C’est comme si on remettait le brevet des collèges en question tous les ans.… Read more →

Chez soi

Je viens de poser mes valises dans notre nouvel appartement. Il fait environs 115 mètres carré, a 3 chambres, beaucoup de rangements et pour le coup je me sens seul dans ce grand truc ; mais bon c’est pas pour longtemps. J’ai sorti mon copain Imac pour prendre de ses nouvelles et c’est assis par terre que j’écris cet article. Ce matin avec des collègues français c’était garage sales et estate sales: les premières se passent devant les maisons et les 2ème se passent à l’intérieur. Je connaissais pas les estate sale et c’est vraiment bizarre de visiter une maison dont le propriétaire se débarrasse de tout. En tout cas, c’est un vrai succès : les pick up s’y pressent des 6 heure du mat’. Pour nous c’était 7.15 et c’était déjà beaucoup . J’ai commencé à acheter quelques meubles et notamment un double canapé pour pas trop cher.
Ensuite je suis allé à Walmart ou je suis passé pour un touriste à passer et repasser dans les rayons, à saisir un paquet de riz Uncle Bens avec fierté dans cette mer de produits inconnus – à relire par 3 fois le mode d’emploi du produit vaisselle – mon dieu mais il est énorme ce paquet de Nesquik . J’ai pris le strict nécessaire c’est à dire un paquet de cookies, des pâtes et des haricots verts pour la forme. Ce grand magasin équivalent à carrefour est ouvert 24h sur 24, au pire je repasserai à 2 h du mat’ pour m’acheter des pépitos (que je ne trouverai pas d’ailleurs).

Mes affaires sont de nouveau dans mes valises mais pour la première fois depuis mon arrivée, je me sens posé et ça fait du bien.

Il me reste 20 jours pour rendre ce lieu le plus accueillant possible pour le reste de la famille qui me manque terriblement.

 

De l’autre coté de l’Atlantique

J’ai quitté notre appart ce matin. Après l’avoir briqué de fond en comble, il était étincelant comme jamais. J’ai pris des photos, beaucoup… Les larmes aux yeux, j’ai tourné la clefs pour la dernière fois. Nous y avons vu grandir notre fils et naître notre fille. Malgré les 60 m² nous avons vécu de beaux moments de douceurs et de… Read more →

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