Month: September 2014

Une main collante et un vrai policier

Une voix dans le haut parleur perché au dessus de ma tête annonce que mes élèves doivent immédiatement se rendre dans le gymnase. Discipliné, j’accompagne et fais asseoir mon groupe sur le parquet de l’équipe de volley où plusieurs autres dizaines d’élèves attendent déjà. Des extraits de films projetés au mur (startrek, wall-e…) sont là pour canaliser leur attention. Un homme attend patiemment, micro en main que tous soient installés. L’homme commence son speech, il est à l’aise et fait preuve du dynamisme nécessaire pour interpeller son public : « Ok, levez la main si vous aimez sortir de votre salle de classe ! » Une marée de mains balaye le gymnase. « Aujourd’hui, je vais vous donner l’opportunité de changer votre quotidien… ». Debout avec mes collègues derrière les élèves, je mets du temps avant de comprendre que le bonhomme est là pour leur présenter une collecte de fonds pour enfants malades. Bien sûr, on est aux Etats Unis, et vendre est quelque chose qui est pris très au sérieux. L’homme augmente l’intensité dans sa voix et annonce d’un ton solennel : « tout élève capable de faire 3 ventes aura le droit d’assister au show d’un illusionniste qui se produira dans votre établissement. Sur ce, la vidéo de Sean Watson l’illusionniste est lancée sur l’écran. « Pas mal hein » lance-t-il sûr de son effet. « Mais attendez, ce n’est pas tout, si vous faites 10 ventes vous aurez le droit de choisir votre place avant tout le monde le jour du spectacle. Pour 15 ventes, vous aurez un bracelet qui vous permettra de rester après le show pour discuter avec la star. Pour 25 ventes (ma préférée), vous aurez une main collante qui vous permettra d’attraper de l’argent liquide que nous disposerons sur le sol. »


 

Aujourd’hui, Nola avait des choses à raconter. Dans sa classe, au programme de la journée était prévu un policier venant présenter son métier. Par contre, il faut savoir que quand mon fils raconte sa journée (ce qui arrive parfois, je vous assure) ; il ne faut pas être trop exigeant côté détails. Voilà, les événements comme ils m’ont été relatés :

– Un policier est venu dans la classe !
– Super, qu’est-ce qu’il vous a raconté ?
– Il nous a montré son pistolet.
– Ah bon ? Vous l’avez touché ?
– Non, mais il y avait de l’électricité.
– Oh, c’était un tazeur peut être ?
– C’est quoi un tazeur papa ?
– Euh, c’est pour…. Et quoi d’autre ?
– Il m’a laissé toucher ses menottes et son bâton.
– Ho la, la, c’est génial ça !
– Il nous a montré sa voiture, on est allé dehors et il a fait « pinponpinpon »
– Oh, il a mis la sirène ?
– Oui, et on a même parlé dans le micro…
– Et qu’est-ce que tu as dit dans le micro ?
– Je sais pas.
Nola se souvient alors que le policier lui a donné quelque chose. Il fouille dans le fond de sa poche et nous montre une grande pièce avec une voiture de police marquée Lafayette. De la fierté dans les yeux.

Halloween se prépare

Halloween s’approche à grand pas. La fête d’origine celtique occupe une grande partie de tous les magasins.  Les énormes sachets de bonbons pour accueillir les enfants, les décos aux couleurs de l’automne pour transformer son intérieur, son extérieur et bien sûr les déguisements pour vivre à cent pour cent l’évènement. Les magasins temporaires spécialisés dans Halloween fleurissent à gauche et à droite. On y trouve des animations bien flippantes à côté des déguisements de princesses et tortues ninjas.

Encore un fête prise bien au sérieux par nos amis américains, je crois qu’on va vite prendre le pli.

 

 

Brèves félines

Bon OK, j’ai des moustaches, beaucoup de poils… mais non je ne parle pas de ma maîtresse ou plutôt de mon humaine! Elle, c’est tout l’inverse, enfin c’est ce qu’elle croit. Bon revenons à nos souris. J’ai des moustaches, beaucoup de poils, 4 pattes et je trouve qu’on ne parle pas assez de moi sur ce blog. Alors oui, je… Read more →

Des détails américains

Lorsqu’un élève fait 3 grosses bêtises en classe, il a un state referal qui s’inscrit dans son dossier. Aujourd’hui, un papa a demandé à la principale de transformer cette sanction par des coups de “paddle” sur le derrière de son fils. Des méthodes d’un autre âge qui peuvent mal tournées; pour preuve la semaine dernière une mère d’une autre école s’est plainte de retrouver son fils couvert de bleus. Article en anglais

La folie d’Halloween a commencé. Certains ont déjà décoré l’avant de leur maison. Mon collège a investi son accueil d’une déco aux couleurs de l’automne (paille, citrouille et un sapin de Noël blanc ?…). On peut commencer à acheter un costume à peu près partout et c’est du sérieux. Quelques photos pour Swannou ou pour le petit Clément dont on a bien reçu le faire part de naissance. Merci;)

A la télé, il y a American Ninja Warrior. Ce sont des parcours style “Interville” avec des athlètes de haut niveau. Les américains y affrontent le reste du monde : l’Europe et le Japon (le monde est limité). Un français avec un gros nom américain est tombé lamentablement sur la fin du parcours.

Le matin, les parents déposent leurs enfants en voiture. Il y a pas de parking, les véhicules sont en ligne les uns derrières les autres. Une sorte de driving scolaire qui vaut le coup d’oeil. Hier, un papa a déposé son gamin avec son énorme pick up (4 portes, 4 roues à l’arrière) qui remorquait un gros quad nouvel génération. Lorsque le petit bout est sorti, de longs marche-pied sont sortis. Le pays de la bagnole vous dis-je.

Comme vous l’avez peut être vu sur la vidéo “Septembre”, Nola et Eden était à un anniversaire pour enfant durant lequel un magicien a fait un petit spectacle. Une fois terminé, un américain m’explique “ça nous fait bizarre de le voir ce monsieur, il avait une émission à la télé que tous les enfants regardaient”. Extrait vidéo

Ce matin Alice est tombée sur des pyjamas adultes, façon grenouillère grande taille. La classe…

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Les Indiens de Louisiane

Nola a longuement hésité avant d’aller voir ce vieil indien pour lancer son premier tomahawk. L’homme élevé à Ville Plate était issu de la tribu des Atakapa qui tient son nom de – hattak: personne, apa: manger – donc d’une tendance certaine à manger ses ennemis. Fort heureusement, Nola n’était pas en territoire ennemi et bénéficiait en plus des quelques mots de français cajuns que l’homme utilisait pour se faire comprendre. Toute la pluralité de la Louisiane en un seul coup de tomahawk.

On a appris alors que le français n’était pas seulement parlé par les cajuns mais aussi par de nombreuses communautés ethniques amérindiennes.

Samedi était le “Native American Culture day” à Lafayette. L’occasion pour 10 tribus indiennes de Louisiane de se rencontrer et de présenter leur artisanat. Je m’étais préparé à voir beaucoup de costumes traditionnels cependant il semblerait que la plume soit beaucoup moins tendance désormais chez les indiens. Les traditions se perdent Messieurs Dames.

10 choses que j’ai faites pour m’adapter au système scolaire

Marcher droit : les élèves ont l’obligation de marcher à droite dans les couloirs proches du mur. Parfois, quand je suis seul, je me surprends à marcher anormalement près du mur à droite. Mettre des bonnes notes : Le système des notes est très différent. Les notes en chiffre sont transformées en lettres (A,B,C,D,F) et pour chaque test, tous les… Read more →

Noël en septembre.

Alice :

Allez moi j’ai envie d’écrire un post qui ne parle de rien et écrire un peu à la ouaneagain-e-bistouflaï comme dirait un certain humoriste ou mon père (tient, papa au fait tu lis le blog ????)

L’autre jour, nous sommes allé à Hobby Lobby un magasin de décoration. En entrant et en voyant les 1eres allées, j’étais comme une folle, dans un état presque second… Il y avait des dizaines de rayons de déco de Noël, plus belles les unes que les autres. Je voulais tout acheter. Je courrais dans un sens puis dans l’autre en criant « Hooo et regarde ça ! » Imaginez les enfants voyant leur mère dans cet état. Ils étaient excités comme des puces et courraient eux aussi partout. Je crois même avoir vu Mikaël sautiller de joie… Mais je me trompe peut être… dans l’excitation… Quelques photos pour partager ce moment de pur bonheur avec vous 😉

Sinon j’ai appris que les enfants feraient une sortie scolaire mi octobre pour Halloween. On m’a proposé d’accompagner. Se pose à moi un choix cornélien :
– les accompagner pour faire partie de leur vie à l’école, les voir avec les autres élèves…
– les laisser vivre cette expérience par eux même et découvrir que l’école c’est super fun

Donnez-moi votre avis, vous, que feriez-vous ?

Laissez les bons temps rouler

Nouvelle petite vidéo filmée le weekend dernier.

Vendredi soir dans le centre ville de Lafayette lors de Downtown Alive et ses concerts. On y voit aussi les enfants lors de la fête d’anniversaire de la petite voisine de Brenda. La dame qui m’a accueilli fin juillet.

Un petite séance de maquillage dans le marché bio à côté de chez nous.(http://www.marketatthehorsefarm.com/)

On y retrouve aussi les potes de galère de Nola et Eden: les enfants de Benoît, collègue à Cecilia Junior High, lors d’une balade sur les bords de L’Atchafalaya.

Interruptions et autre homme souris

L’une des principales différences avec la France est le fait qu’on soit toujours interrompu pendant notre cours par un message diffusé sur haut parleur. Les élèves sont constamment appelés à l’accueil de l’établissement pour des raisons administratives ou autres. La raison est simple, n’ayant quasiment aucune récréation de 7h45 à 15h20, si le secrétariat ou le CPE veut voir les élèves, il est obligé de les appeler en cours.
Tous les matins, nous sommes interrompus par le message/ conseil du jour de l’assistante principale. Ici, il marche au bourrage de crâne donc tous les matins, ils entendent la même chose : « rappelez-vous les enfants, à Cecilia Junior High on se comporte bien, sachez-vous contrôler à tout moment… ». Plus, bien sûr le serment d’allégeance : « je jure fidélité au drapeau des Etats Unis… »
Vendredi, c’était le 11 septembre et bien sûr la principale prend le micro pour nous refaire un état des lieux de ce qui s’est passé ce jour là. Nous faisons une minute de silence suivi d’un interlude musical toujours au haut parleur : God bless the USA by Lee Greenwood. Un chanson patriotique que les américains ont l’habitude d’entendre le 4 juillet mais que je me serais bien passé d’entendre au beau milieu d’un cours.
Autre facteur d’interruption : il y a un téléphone dans la classe. Ce même jour à 14h, en plein cours avec des 4èmes, le téléphone sonne comme très souvent. Cette fois ci c’était la nana de l’assurance santé que j’avais rencontré la veille : « Bonjour, monsieur, je reviens vers vous… ». Un petit peu envie de lui dire que j’étais en cours mais encore une fois, ici, c’est normal.
Bien sûr, les plus grandes interruptions sont les demandes des élèves pour aller boire ou aller aux toilettes. Des pauses que les élèves ne peuvent pas prendre hors classe car ils ont que 2 minutes chrono pour rejoindre la classe suivante.

Allez, je sais que vous voulez entendre ces chansons:


Toujours dans la catégorie, l’Amérique dont je me passerais bien: aujourd’hui avec les enfants nous sommes allés à Chuck E. Cheese, un “restaurant” familial. C’est un mélange entre une salle d’arcade pour enfants et un fast food pizzeria. Avec le menu, on a plusieurs dizaine de jetons que les enfants peuvent utiliser dans les jeux. Lorsqu’ils gagnent le jeux, ils reçoivent des tickets qui leur permettent d’acheter des jouets Made in China. Un homme déguisé en souris vient de faire un chanson et une chorégraphie pour ton anniversaire. A un moment, ils ont rassemblé un groupe d’enfants puis on jeté des liasses de tickets dans les airs. Les enfants se bâtaient pour les ramasser par terre. Dans ma tête, je me disais: “c’est la dernière fois qu’on vient là” mais de son côté Eden me dit dans un français impeccable: “J’aime beaucoup ce restaurant papa”.

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Premiers jours d’école

Sur le chemin de l’école pour son premier jour d’école Eden était en confiance « J’suis contente d’aller à l’école », ce à quoi Nola répond avec grand sérieux « Tu connais pas l’école ! » , l’air de dire : « Tu sais pas à quoi t’attendre ». Etrangement, c’est aussi ce que je me disais, ils ne savent pas que les enfants entre les murs de cette école, n’ont jamais joué à la marelle, chanté Au Clair de la Lune ou mangé un P’tit Lu. En même temps, cette innocence est leur force et ils s’apprêtent à passer la porte avec ce qu’ils maîtrisent le mieux : le moment présent.

Nous arrivons à l’école, nous passons l’entrée, lumière tamisée, musique pour enfants et décors autoroutiers avec un faux feu de la circulation faisant la jonction des couloirs. Nous prenons à gauche vers la classe de Nola et le moment présent commence à s’effriter – « Je veux rester avec toi maman ».
Nola comprend vite qu’il est dos au mur et se dirige de lui même vers le coin bibliothèque, il prend un livre et s’assoit gentiment. Sans un regard, il se plonge dans son livre. Un petit garçon lui parle déjà mais Nola ne répond pas. Nous sortons de la classe.
Pour Eden, les choses se compliquent ; elle s’agrippe à sa mère et commence à hurler. La maîtresse, une afro-américaine bien en chair, la prend des bras d’Alice avec beaucoup de gentillesse et nous nous éclipsons maladroitement de la classe.

Les maîtresses nous ont conseillé de les laisser la journée entière et c’est à 16h que nous nous présentons à l’école, prêts à capter la moindre information sur cette fraction du quotidien de nos p’tits bouts.

Les maîtresses et nos enfants ont le sourire. Nola est félicité pour ses manières. Sa maîtresse s’amuse du fait qu’il lui ait dit merci en français à plusieurs moments. Elle est très contente de lui. Nous rentrons dans la classe d’Eden, elle est dos à nous, je l’appelle et elle  se retourne et court vers moi tandis qu’Alice parle à la maîtresse. « J’ai dormi à la sieste » est le premier truc qui vient à l’esprit de ma puce. La maîtresse s’étonne qu’Eden n’ait jamais vécu en collectivité auparavant car elle s’est vraiment bien adaptée au rythme de la classe. Son ton est très maternel et rassurant. Elle nous tend le premier coloriage scolaire d’Eden.
Aujourd’hui, les enfants ont fait leur deuxième journée d’école. Je n’ étais pas là pour les récupérer mais quand je les ai vu à l’arrière de la voiture avec leur « lunch box » achetée par maman, j’étais vraiment fier d’eux. Ce n’est qu’un début mais pour l’instant mes enfants m’impressionnent énormément.  Nous sommes allés prendre le goûter au bord de la piscine sous un beau ciel pastel de Louisiane (voir photos).

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