Month: November 2014

Des nouvelles de maman

Good morning Lafayette!!!!! Il est 8h au pays du zydeco et du gumbo et je suis toujours une Desperate Housewife. Pas mal d’entre vous se languissaient d’avoir de mes nouvelles. Et le fait est que… Bah… Heu… je travaille pas encore donc pas grand chose à raconter.
Quoique… je vis pas mal de choses de mon côté aussi ! Par exemple, je suis bénévole pour la SPA locale. Je me rends donc une fois par semaine dans leurs locaux afin de participer aux tâches quotidiennes. Pour le moment celles-ci consistent à promener certains chiens qui sont le reste du temps dans des cages ou à brosser, câliner, jouer avec des chats.
Pour mon 1er jour, j’ai suivi une dame d’une soixantaine d’année prénommée Leslie. Très sympathique et très bavarde, nous avons passé la matinée ensemble. J’ai donc appris que cette dame célibataire et sans enfant vivait à Lafayette depuis l’ouragan Katerina. Pendant l’inondation, elle s’est retrouvée à l’étage de sa maison bloquée avec ses parents. Ils ont ensuite été secourus. Mais Leslie m’expliquait qu’elle ne souhaitait plus jamais revivre cette situation. Entre deux recettes de cuisine, elle m’a aussi parlé de son métier de professeur pour enfants handicapés et elle m’a donné quelques conseils pour que nos enfants apprennent l’anglais plus facilement. Des conseils bien américains, puisqu’elle me disait d’utiliser des récompenses genre bonbons pour les motiver… Ouais…

Pour continuer dans les personnages, la maîtresse d’Eden est à connaître. Afro-américaine, elle a le poids moyens d’une femme qui se laisse vivre et a de la barbe (ça c’est Nola qui le dit). Elle est très gentille, très aimante avec les petits mais ne doit pas beaucoup voir d’étrangers, en tout cas pas beaucoup d’européens.

Toujours très gentiment et très naïvement, elle m’a demandé au début de l’année :
– Elle : « Mais elle parle français ? A quel âge les enfants apprennent à parler français chez vous ? »
– Moi : « Heu… vers 1 an il commence à dire quelques mots… En fait comme un enfant américain apprendrait à parler anglais… »
Un autre jour :
– Elle : « Que veut dire Eden ? »
– Moi, super étonnée : « Cela vient de la Bible. C’est le jardin où se rencontre Adam et Eve… Vous n’avez pas le même mot en anglais ? »
– Elle : « Ha oui, oui »

Par ailleurs (he oui j’aime ces petits mots de transition), mon mari vous a concocté une jolie vidéo pour vous faire goûter à la douceur de Pensacola.
Par contre, j’y ai laissé une cheville. Non pas en surfant sur les vagues mais en glissant d’un trottoir. Pas douée la fille !

Back From Florida


Lafayette to Pensacola

De retour de Floride! Nous étions à Pensacola qui se trouve à 4h30 de Lafayette. On aurait pu opter pour une plage plus proche en Alabama mais ce petit coin de Floride vaut bien le détour. On y trouve une petite bande terre qui fait face au golf du Mexique dont une grande partie est une réserve naturelle protégée de toute habitation.05078

A cette époque de l’année, le vent est froid et les touristes peu nombreux. La plupart des habitants que nous avons croisés étaient des retraités de la Royal Navy. Ces retraités ont eux-même des enfants dans l’armée qui les amènent à voyager dans le monde ce qui est pas banal quand on est américain. L’un d’entre eux nous a abordés au bord de l’eau pour nous demander de l’aider à repérer son fils qui pêchait en Kayak à 200 mètres du bord. Ce monsieur, originaire du Wisconsin, nous expliquait qu’il avait choisi la Floride car les impôts y étaient moins importants. Il n’en revenait pas d’apprendre que Nola et Eden était nés en France.

Sinon, entre 2 “Nola ne jette pas du sable dans les yeux de ta soeur” et “Eden, arrête d’embêter ton frère!“, on a pu profiter de ce joli sable blanc à perte de vue.

 

Avery Island

Dimanche, nous sommes allés à Avery Island qui est connue de part le monde ou presque pour être le seul lieu de production de la célèbre bouteille de tabasco. “Avery” c’est pour le nom de la famille qui a créé cette entreprise en 1868 (cette famille est toujours présente sur les lieux). “Island” car la réserve naturelle où se situe l’usine de production forme un cercle entouré presque entièrement de rivières, donc presque une île.

On peut y visiter l’entreprise : un circuit gratuit presque aussi vieux que l’île, mais ce qui vaut vraiment le coup ce sont les “Jungle Gardens” qui portent bien leur nom. Une réserve naturelle qui se découvre à voiture et à pied où l’on trouve une nature très riche et un immense silence qui fait du bien. Bon, j’ai oublié mon appareil photo donc j’ai pris de mon portable 😉

Brèves quotidiennes

photo (13)Hier, la maîtresse d’Eden nous accueille en nous disant que l’anglais d’Eden a progressé. Elle se retourne vers elle et lui demande en anglais « Hey Eden, dis à ta maman les prénoms de tes camarades ». Eden s’exécute et prononce impeccablement les prénoms de tous les élèves de la classe. Quant à Nola, il commence aussi à parler un petit peu en classe (voir photo). Traduction: “Nola nous a dit en anglais aujourd’hui qu’il prendrait à un hamburger pour notre picnic. Il se débrouille bien“.

L’apprentissage de la langue avance très lentement mais ça avance…


La notion de communauté est très importante ici. Il y a quelques semaines l’Université de Lafayette tenait son « Big Event » : 3000 étudiants se sont rassemblés tôt samedi matin avant de se dispatcher à travers toute la ville pour aider au nettoyage de la ville, jardinage, aide à la personne, peintures… Le Big Event a été créé en 1982 afin de remercier les diverses communautés de la ville. Moi je dis : bravo.

The Big Event – le samedi matin


Le 11 novembre n’était pas férié à Lafayette mais on a en a parlé dans toutes les écoles : petit speech au haut parleur en début de journée sur les soldats tombés au combat. Etrangement, à Lake Charles à 1h30 de Lafayette, le jour était férié ; c’est comme ci on trouvait ce type de différences entre Paris et Lyon. Des différences entre régions qui ne sont pas près de changer vu que le gouverneur de Louisiane travaille à la privatisation de toutes les écoles. Je cite le gouverneur républicain Bobby Jindal : « Nous laissons les parents décider ce qui est le mieux pour leurs enfants et non le gouvernement ». Moi je dis : pas bravo 😉


Ce mercredi, nous avons eu une “alerte au froid”. Comprenez que le thermomètre est descendu entre 0 et 5 degrés. Cette vague de froid a fait beaucoup parlé et les infos ont donné des consignes de sécurité telles que : couvrez vos canalisations extérieures, les plantes (surtout les citronniers;). Faites attention à vos animaux de compagnie. L’armée du salut se tient prête. Bref un vent de panique a soufflé sur le sud de la Louisiane. Heureusement, demain la météo annonce 15 degrés : fin de l’alerte. Ouf!


 

Des nouvelles d’Alice? La miss a plutôt passé une bonne semaine en compagnie de copine Sonia qui nous a fait le plaisir de venir passer une semaine avec nous. L’occasion d’essayer de nouveaux magasins et restos. Niveau boulot, on lui propose des remplacements en tant qu’instit’ qu’elle ne peut pas accepter pour l’instant car elle toujours en attente de son autorisation de travail qui ne devrait pas tarder. En attendant, elle sauve des animaux perdu dans les parcs 😉 Photo prise ce mardi.

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Dans une école de Lafayette, tous les enseignants se sont déguisés en super-héros et leurs photos sont affichées autour d’un message: il y a des héros tout autour de nous qui font des choses ordinaires de manières extraordinaires. Moi, je dis … Je sais pas, vous en pensez quoi?

 

Atchafalaya Basin Festival

Petite journée au festival du bassin de l’Atchafalaya. Encore un festival et toujours en plein air, ce qui est appréciable pour un mois de novembre. On y retrouve les grands classiques : un concours de cuisine “gumbo”, de la musique cajun ou country, des amateurs de Bud-light et des artisans locaux.  Beaucoup ont des T-shirts, casquettes ou autres pantalons aux couleurs du camouflage, un style que l’on retrouve énormément ici car la chasse est très populaire (chez mes élèves aussi d’ailleurs). Ce qu’on rencontre souvent aussi ce sont des gens accueillants et souriants : on se sent vraiment les bienvenus dans cette communauté où l’on croise plusieurs de mes élèves et parents d’élèves. D’ailleurs, une de mes élèves de 6ème est venue me faire un “hug” que j’ai accueilli bien maladroitement.

Autre animation du festival, le concours de la plus belle voiture. Pas facile d’empêcher les petits doigts de Nola et Eden de toucher à ces carrosseries astiquées comme des sous neufs.

Un goût amer

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Photo de Tre le mois dernier

Il est 6h45, trois enseignants français sont dans une voiture qui traverse les champs de cannes à sucre dans un petit coin de campagne de Louisiane. On a rendez-vous, avec les parents de Tre, un garçon de 13 ans qui nous en fait voir un peu trop dans nos classes.

Assis à côté de leur fils, une maman et un papa attendent sagement à l’accueil du collège, les visages fermés. Entre eux, je ne reconnais pas Tre qui paraît soudain plus petit. Je salue les parents d’un large sourire que je réduis de moitié me souvenant du sérieux de notre situation. Je me fais penser à mon prof de physique de lycée que je n’ai vu sourire que le jour où il a rencontré ma mère en réunion parent-professeur.
Nous nous dirigeons dans une salle où nous attend la directrice. Un crayon dans une main, l’autre posée à côté d’un thermos de café qui affiche fièrement un Bulldog ; la dame se tient prête à prendre note de tout ce qui sera dit pendant la réunion. Ici, les parents portent plainte et ça rend nos vies compliquées. Chaque entretien téléphonique, chaque petit incident en classe doit être noté et enregistré.

Nous sommes tous dans une petit salle éclairée par 2 néons : nous, les profs de français, la principale, Tre, sa mère et son père. Tre fait ce que tout élève dans sa position ferait : il regarde ses pieds, soupirant légèrement de temps à autre en réponse à certain de nos reproches. Le papa, en bleu de travail, est le plus silencieux de nous tous ; il interrompt parfois sa respiration avant de la reprendre lourdement, ce qui semble impacter terriblement son fils qui se fait de plus en plus petit. On parle beaucoup de son passé, un peu de son futur dans un moment présent qui doit lui sembler interminable. Assis à mon coin de table, je me demande comment ce gamin peut faire endurer ça à ses parents, comment il a pu ne pas voir venir cette réunion.

C’est alors que le père dit quelque chose que je n’ai, moi non plus, pas vu venir. S’adressant à la directrice, il interroge « Madame, est-il toujours possible de faire battre son fils par l’établissement ? »
La directrice ne semble pas surprise et garde son sourire de circonstance :
« Oui, monsieur. Juste quelques papiers à signer … ».
Le papa pose ses avant bras sur la table dévoilant plusieurs tatouages et se tourne vers son fils :
« Tu va te faire battre à l’école et ce soir tu auras la même chose à la maison… ! ».
Je ne me souviens pas bien à quel moment la mère s’est mise à pleurer ni si les larmes de son fils eurent un effet sur le discours du père mais je suis sorti de cette réunion dépité et avec l’impression de n’avoir rien maîtrisé.

Certains vont peut être se demander qu’est-ce que ce garçon a fait de mal dans nos classes. La réponse : rien qui ne mérite un tel châtiment. Tre sera battu avec une « paddle » par M. Wright le professeur de sport et c’est la preuve de l’impuissance du cadre éducatif dont je fais parti. Je suis sûr que la quasi totalité des enseignants du collège trouve ce système archaïque mais comme cela fait partie de la politique de l’école, personne ne fait rien.

Sur le chemin du retour, je ne peux pas m’empêcher de me dire que la très grande majorité des victimes de ce système sont noirs et lorsque wikipedia m’apprend que la paddle a été inventée pendant l’esclavage j’ai comme un petit goût amer dans la bouche.
Plus d’infos sur les châtiments corporels aux Etats Unis.

 


 Pour terminer sur une note plus positive. Voici des photos prises dans le hall d’un autre collège lors d’une formation lundi. On y voit notamment un poster où l’on affiche les commentaires positifs des élèves sur leurs profs favoris.

 

 

Souvenirs de guerre!

Aujourd’hui nous avons visité une maison construite en 1831 qui appartenait à un riche planteur de cannes à sucre. Cette grande bâtisse, qui se situe à 30 minutes au sud de Lafayette, utilisait 164 esclaves à son époque la plus “glorieuse”.

Son histoire fut aussi marquée par la Guerre de Secession pendant laquelle elle servit d’abri à divers groupes de soldats. En mémoire de cette époque, la ville tient des reconstitutions de la guerre dans les jardins de la maison.

Au début du 20ème siècle, la riche famille donnait des dîners auxquels assistaient des célébrités de l’époque tels que Walt Disney, Henry Miller ou le cinéaste Cecile B Demille.


 

 

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