Month: July 2015

De vieux uniformes et une nouvelle vidéo

Cette semaine, Alice donne des cours de français à une petite qui prépare son entrée en “français immersion”. Elle fait ça dans la bibliothèque toute neuve du centre ville équipée de salles privées avec tableau 3 heures par semaine. Sinon, Alice bouquine, va à la piscine, pose du vernis sur les ongles de sa fille, joue aux cartes avec son fils et rencontre les nouveaux profs fraichement arrivés ; bref madame profite des vacances qui vont vite se terminer pour elle aussi.


map_of_arnaudville_laDe mon côté, je suis allé rendre visite aux résidents de la maison de retraite avec laquelle je veux organiser un échange en français avec mes élèves. Cette maison est située à Arnaudville, une petite ville de 1000 habitants un peu plus loin dans la campagne derrière mon collège. La petite crainte que j’avais, était de me rendre compte que le français parlé par ces anciens soit trop éloigné de notre français européens. Depuis notre arrivée ici, nous avons entendu peut être 50 fois la phrase :”Moi je ne parle pas français mais mes grands-parents le parlaient“. Souvent cette phrase était suivie par : “... mais c’est pas votre français, c’était du français cajun...”. J’avais donc hâte de rencontrer ces personnes même si j’appréhendais un peu mon arrivée dans cette table française qu’ils tiennent tous les 3ème jeudi du mois. Mes inquiétudes ont vite été balayées lorsque deux des résidents m’ont accueilli avec un français impeccable. Le rendez-vous était pris à 9h15 dans le salon de la maison de retraite, un salon qui s’est vite rempli d’une quinzaine de personnes qui semblaient toutes comprendre très bien la langue. Les sept résidents qui prenaient la parole le plus souvent ne cherchaient pas leurs mots même si de l’anglais se glissait parfois dans leur propos. Chose qui n’est pas étonnante car ce 3ème jeudi est le seul moment du mois où ils parlent leur langue “maternelle” : le français.

A la fin de cette heure d’échanges, le vieux monsieur à côté de moi me fait signe de la main pour que j’approche mon oreille : “Si tu as le temps, je peux te montrer mon uniforme de l’armée dans ma chambre”. Ce vieux monsieur s’appelle Eddy, il a sa chambre (y compris sa porte) recouverte de photos et de coupures de journaux. La plupart liées à sa famille ou son passé dans l’armée US. La première photo qu’il me montre est celle de son mariage en 1949, puis une autre photo (ci-dessous) de sa femme en compagnie du président Roosevelt lors d’un évènement à la Maison Blanche. Eddy a participé à la 2ème guerre mondiale au Japon et a un placard plein d’uniformes et de médailles qui en attestent. Une dame a frappé à la porte pour déposer le déjeuner de cet homme énergique de 95 ans. Un grand bavard qui parle couramment le français sans avoir jamais mis les pieds dans un pays francophone. Au moment de reprendre ma voiture, j’ai pensé à mon groupe d’ados dans la ville voisine qui – ils ne le savent pas encore – s’apprêtent à rencontrer Eddy et ses camarades….

Louisiana women at the White house in 1939

Louisiana women at the White house in 1939


Petite vidéo:

Deux jours avant la fusillade dans le cinéma à côté de chez nous, un concert avait lieu de l’autre côté de notre résidence ; à 5 minutes à pieds de chez nous et du cinéma en question. Une image de Lafayette qui ressemble plus à celle que nous connaissons.

Chérie, il y a une fusillade chez les voisins!

1437707824_10058581+5vtla072415 (1)

Vous comprenez bien que nous n’aurions pas pu mettre un terme à notre aventure américaine sans avoir été témoin d’une fusillade dans un lieu public. Bon, je vous rassure, on en a pas été vraiment témoin mais les faits se sont produit dans le cinéma juste à côté de chez nous. De notre fenêtre, nous pouvions voir les voitures s’entasser sur le parking. On a compté plus de 14 voitures (je me demande toujours ce que font les mecs dans leur voiture pendant 2 heures, à part manger des donuts bien sûr). Il faut savoir que les voitures de police s’illuminent comme des sapins de Noël et avec les 10 ambulances aussi présentes, vous pouvez être sûr que notre quartier était visible de la lune le temps d’une soirée.

Il faut aussi savoir que les élections pour le prochain gouverneur de Louisiane auront lieu dans 3 mois. Coïncidence ou pas, le gouverneur Bobby Jindal était sur les lieux avec une rapidité presque comique. C’est d’ailleurs la première question qu’une journaliste lui a posé : “Comment avez-vous fait pour arriver si vite?“. Réponse: “Oh, j’étais à Baton Rouge à 1 heure d’ici et dès que j’ai appris...”. 5 minutes après son premier speech, on le voit en donner un deuxième à l’hôpital où étaient les victimes. Etrangement, aucun journaliste n’a pensé à lui demander comment il avait fait.

D’ailleurs, c’est toujours délicat pour un gouverneur républicain (pro- arme) de commenter sur un évènement pareil. Bien sûr, Bobby (j’adore ce prénom) a fait ce que tout politique US aurait fait à sa place : il a incité les gens à prier et se rassembler. Il a bien sûr terminé en disant “Ce n’est pas le moment de faire de la politique, c’est le moment de penser aux victimes…”. Mon dieu que les politiciens se ressemblent d’un continent à l’autre.

Voici nos réactions dans l’ordre chronologique de la soirée :

1. Mince! Tu as vu le nombre de voitures de flics qui passent…

2. OUAOUH! Le GOUVERNEUR de Louisiane est sur le parking d’à côté!!

3. Oh My God!!! Le FBI est sur le parking d’à côté!!! Il fallait voir les lumières dans les yeux d’Alice qui, en grande fan de … de … de toutes les séries avec le FBI, n’a pu s’empêcher de sortir de l’appart pour voir les choses de plus près. Apparemment tous les voisins étaient aussi des fans du FBI car beaucoup s’étaient rassemblés pour observer en silence. Dans la chaleur moite de notre belle Louisiane, les habitants de notre douce Lafayette semblaient abasourdis.

Douze heures après qu’un homme de 58 ans ait tué 2 personnes et blessé 9 autres avant de se donner la mort, les camions de presse ont remplacé les voitures de police. D’énormes antennes paraboliques ont poussé le long d’un cordon de police là où nous avions l’habitude d’aller au cinéma.

De mon côté, j’ai aidé de nouveaux profs de français dans leurs premières démarches (banque, permis de conduire, inscriptions écoles, …).

Lorsque nous sommes arrivés dans le bureau de l’assureur automobile, un homme d’une quarantaine d’année nous a accueilli avec le sourire et la gentillesse des gens du sud. Il nous a fait asseoir dans son bureau truffé de photos de sa jolie famille. “Je suis vraiment désolé” nous a-t-il dit d’un ton solennel.  “ce qui s’est passé hier n’est pas représentatif de notre ville, de notre communauté”.

Il a terminé en soupirant :This is not what Lafayette is all about…” (Lafayette n’est pas comme ça…). Pendant un bref moment, je vous promets que cet homme n’était plus un assureur de voiture.


Petit clin d’oeil du destin cet après midi alors que nous étions à la piscine de notre résidence, nous avons entendu d’énormes bourdonnements en provenance du ciel. Comme si des hélicoptères cherchaient leur chemin. J’ai d’abord pensé à des journalistes en mal d’images mais j’ai vite vu qu’il s’agissait d’un seul et même hélicoptère, officiel, floqué de l’emblème de l’état de Louisiane. L’engin est passé à 50 mètres au dessus de nos têtes et j’ai pensé “Ah, voilà comment tu te déplaces coquin,)”. Puis, l’espace d’ un instant, j’ai bien cru échanger un regard avec Bobby, un politicien qui s’acharne décidément à ne pas faire de politique.

lafayette

Camping – clap – Première!

“On va s’installer à la fraîche”

La phrase me trottait dans la tête depuis la minute où Mikaël et moi avions pris la décision de camper. J’attendais le moment opportun de la sortir en bonne professionnelle du camping. Qui peut se targuer d’avoir à son actif une vingtaine d’année de camping? Ok du camping haut de gamme mais du camping quand même!

Je retrouvais donc mes réflexes lorsque dans les rayons de Wallmart, nous choisissions les ustensiles indispensables à une bonne nuit de camping.

Pour notre premier camping en famille, nous voulions faire simple. Une tente 3 personnes (donnée par des amis), un matelas pneumatique, un réchaud et une petite dose d’aventure. Après avoir choisi les assiettes en plastique, je rejoignais un Mikaël perplexe devant le choix des matelas pneumatiques. Après pas mal d’hésitation, le père de famille avait choisi un matelas de catégorie supérieure “Si on doit dormir à quatre là dessus autant que ce soit un bon matelas!”

Le Tyler State Park nous a accueilli pour notre première nuit de camping. Le parc se situe au Texas à la limite de la Louisiane. C’est un écrin de verdure avec en son centre un lac.

Arrivés à notre emplacement, un beau paysage nous attendait. Nous étions seuls au monde, entourés par une forêt de grands pins et avec vue imprenable sur le lac.

Nous avons donc installé le campement à la fraîche… Enfin autant que faire se peut par 35°c. Après un petit plongeon dans le lac où l’eau avoisinait les 27°c, nous sommes rentrés pour préparer notre repas. Malheureusement, en “bon” campeur nous avions oublié…… le réchaud!!! Je suis donc partie en mission à la supérette du coin. Un lapin écrasé plus tard (je ne m’en remets toujours pas), nous étions en possession de quatre sandwichs aux prix exorbitants.

Pendant notre repas gargantuesque, nous avons eu la chance d’avoir de petits visiteurs. Eclairés par la seule lueur de notre bougie, nous avons repéré de petites ombres. A la lumière de notre téléphone portable, nous avons fait la connaissance de Bob le raton laveur. Adorable petite bête au nez rond et noir, Bob était très intéressé par les reliquats de nourriture que Nola et Eden avaient consciencieusement laissés tomber. Un peu impressionnés dans un premier temps, les enfants ont adoré cette rencontre.

Plus tard, des lucioles nous ont souhaité une bonne nuit.  Il était temps de nous coucher. Croyez-nous, une nuit en pleine forêt est très bruyante! Mais le plaisir de se réveiller au milieu des arbres n’a pas de prix.

Pour terminer ce petit voyage, le ranger du Park a fait prêter serment à Nola et Eden de protéger l’environnement et leur a remis un badge de Junior Ranger. Ils en étaient très fiers.

On retiendra quand même pour notre prochaine nuit en camping :

  • penser au réchaud.
  • investir dans une tente plus grande et un deuxième matelas (les réveils en pleine nuit par un pied d’Eden ou une main de Nola, c’est mignon mais…..)
  • amener des boules quies!

Nos amis Texans parisiens

Nous revenons de Fort Worth, Texas où nos amis Scott et Mentanna nous ont accueilli.

Nous connaissons Scott et Mentanna depuis 15 ans et notre arrivée aux Etats Unis nous a d’autant plus rapproché. Scott et sa femme sont américains et ont passé 10 ans en France avant de finalement décider – difficilement – de revenir au pays. Eux aussi ont déposé leurs enfants un matin dans une classe où ils ne comprendraient rien ; eux aussi sont sortis de chez le médecin un dictionnaire à la main et eux aussi n’ont pas toujours été compris par leurs proches.

C’est toujours très intéressant de parler avec eux car ils sont vraiment pris entre deux cultures. Scott prépare des pains au chocolat bien français le matin et termine sa journée en grillant un énorme morceau de viande au barbecue. Ils sont maintenant incapables de manger une pizza américaine et ne se reconnaissent plus vraiment dans le patriotisme texan mais ils sont bel et bien américains. Ils se disent “changés” par leur expérience française qui a même changé leur rapport aux autres. Eux qui ont connu un 35 mètres carrés sur Nanterre, habitent désormais une grande maison avec piscine dans la banlieue de Dallas. Ils sont heureux de leur vie et savent qu’ils ont fait le bon choix mais ne peuvent s’empêcher de repenser à leur vie parisienne. Dans chaque pièce de leur maison, des livres, des photos et autres objets témoignent de ces années françaises.

A Fort Worth,  ville cowboy et voisine de Dallas, nos amis nous ont fait découvrir notamment Joe T Garcia (un excellent restaurant mexicain très renommé) et Billy Bob (le plus grand Honky Tonk du monde, comprenez salle de concert country) qui a vu passer des artistes comme Johnny Cash ou Chuck Berry.

A notre arrivée au Texas, on a vite la confirmation du dicton texan “everything is bigger in Texas”. Au bord de l’autoroute, des stations services proposant près de 20 pompes succèdent à d’énormes églises protestantes. Pour l’anecdote, sur une aire de repos un groupe de personnes priait en cercle main dans la main avant de reprendre la route.

Ci-dessous, une vielle photo avec nos amis Texans parisiens et leurs 2 garçons.

SEPIA

 

Fin des vacances (ou presque)

Fin des vacances (ou presque)

Voici 5 semaines qui sont passées très vite. Une grande dose d’amour de tous nos proches qui fait du bien au moral. Des proches que l’on ne voit hélas pas sur la vidéo ci-dessous, l’objectif étant plus de montrer notre beau pays. Beaucoup nous ont parlé du blog et on vous remercie encore de partager cette aventure avec nous. Nous sommes… Read more →

John et Jenny de Lafayette

Au cours de notre séjour en France, j’ai souvent pensé aux réactions que pourrait avoir un habitant de Lafayette face à la vie à la française. Lafayette ressemble dans son fonctionnement à la plupart des villes américaines de cette même taille et je serais bien curieux d’assister aux premiers pas de ces américains peu habitués à voyager. Moi qui aux États Unis… Read more →

Skip to toolbar