Month: February 2016

6 choses que vous (ne voulez pas) ignorez sur les ados américains

THE ADOLESCENTS : ces êtres à part capables de vous adorer et vous détester dans la même minute. Ils sont amoureux, fainéants, surdoués, hyper-actifs, passionnés, rebels et je-m’en-foutistes. Certains sont déjà de jeunes adultes , d’autres (les mecs) sont restés au CE2 dans leur tête. Au fond, ils sont comme vous et moi, ils veulent qu’on les aime pour ce qu’ils sont. Leur petit problème : “ce qu’ils sont” change tous les 2 jours.

Voilà 1 an et demi que je vis au plus proche de ces sujets en pleine évolution; parfois aux périls de ma sanité. Voici les résultats de mes recherches.

1. L’ado US a le goût du spectacle : c’est amusant de regarder un film avec une classe américaine. Les élèves crient, applaudissent, réagissent. L’ado américain est comme ses aînés : il est dans l’émotion. De l’émotion, il y en eu dans deux de mes classes la semaine dernière lorsque deux élèves très discrètes ont osé chanter devant toute la classe.  Se mettre en spectacle se fait plus facilement ici. Il y a une sorte de respect pour la personne qui se met en difficulté je crois. Après, la chanson, deux garçons ont fait semblant de s’essuyer une larme d’émotion et je pense qu’il n’était pas loin de la verser pour de vrai.

 

2. L’ado US n’est pas bien là où il est : quand j’ai dit Transpottingà mes élèves français que je partais pour les Etats Unis, ils voulaient tous venir dans mes valises. Le rêve américain, souvent Hollywoodien, a la dent dure. Ici, quand je parle de la France, j’ai la même chose, dans le sens inverse. Dès que je parle de la France, j’ai souvent des regards américains qui disent : “C’est forcément mieux qu’ici”. La dernière fois, je parlais du rapport que les français ont avec la religion : “Les français sont croyants mais beaucoup moins pratiquants que vous…“. Kamryn, 14 ans m’a fait un “high five” et dit : “Voilà, c’est pour ça que je veux aller en Europe…“. Ca me rappelle toujours le film Trainspotting : la scène où le groupe de jeunes essaie de se persuader du bien fait d’être “écossais”. Ewan Mc Gregor leur hurle dessus en disant :”It shites being Scottish!!!” (Ca craint d’être écossais!!!). Je pense que tout ado qui se respecte se dit toujours à un moment : ça craint d’être né là où on est!

3. L’ado US est obsédé par sa couleur de peau: c’est simple, il ne se passe pas une journée sans qu’un élève ne parle pas de sa “race“. “You’re racist!” est d’ailleurs tellement utilisé que c’est devenu un blague. Le mot nigger fait parti du vocabulaire courant du jeune afro-américain. La blague du moment, est d’éteindre les lumières de la classe et de dire à un élève noir “Je te vois plus…”. L’ado ne fait que retranscrire le thème racial omniprésent dans les médias et la culture américaine. Du racisme pûr et dur, je n’en vois pas, mais force est de constater que certains groupes de couleur ne se mélangent pas.

Basket game4. L’ado US est joueur : Ils adorent le jeu “pierre, feuille, ciseau” auquel ils jouent à la moindre occasion.  Ils m’ont aussi fait découvrir une variante du “pendu” qui s’appelle “chain reaction“. Au lieu d’avoir un mot à trouver, il y en a 5 qui sont dépendants les uns des autres. L’ado US adore aussi jouer au basket en classe avec la poubelle. Certains profs font même des activités où l’élève doit jeter sa feuille d’exercice à la poubelle. Bien sûr, ils adorent aussi les jeux vidéos notamment ceux en ligne comme The impossible game (jeu complètement loufoque).

5. L’ado US est stupide : bon là je pousse un peu, l’ado US n’est pas stupide, il a juste la mal chance d’évoluer dans ce que j’appellerais “l’un des pires systèmes éducatifs du monde occidental” (rien que ça). Champion du monde du QCM bête et méchant, il subit un système dans lequel l’enseignant suffoque et n’a d’autre choix que de réduire ses exigences. Un rythme abrutissant dont les ados sont les premières victimes. Si il n’est pas scolaire, il a de grande chance de perdre tout esprit d’analyse. C’est bien simple, beaucoup seraient même capables d’élire un milliardaire pour président. Oh mais attendez une seconde …

6. L’ado US est pudique : il s’offusque à la moindre image de nu même si il s’agit d’une statue ou d’un dessin. Une pudeur qui est favorisée par les médias et qui censure la moindre scène un peu osée et le moindre gros mot. Au Parlement de Louisiane, un groupe de députés bataille même pour faire interdire le port de jeans taille basse et les nombrils à l’air, jugés trop sexy. De fait, un recul de la sexualité chez les adolescents a été constaté et certains commentateurs interprètent ce phénomène comme une « contre-révolution sexuelle » et un retour du « conservatisme ». Ah, le fameux conservatisme américain.

faut-il-laisser-nos-ados-faire-l-amour-sous-notre-toit_4943527Aux États-Unis, un grand débat public a eu lieu ces dernières années sur la sexualité des jeunes. Les enjeux de ce débat étaient multiples : la lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles, l’importance du nombre de mères adolescentes, la lutte contre le harcèlement sexuel, l’essor de la pornographie, etc. Des programmes d’éducation sexuelle ont été mis en place dans plusieurs États, où se mêlent souci de prévention et moralisme. Certains proposent aux jeunes un engagement à l’abstinence afin de limiter les pratiques sexuelles trop précoces.

Article en entier : Adolescents américains, vers une contre-révolution sexuelle?

Education, fricassé et nigger : c’est le résumé de la semaine

Cette semaine, l’assistante principale de notre collège nous a lancé un challenge : téléphoner à au moins 2 parents d’élèves pour les féliciter du travail ou du comportement de leur enfant. Je ne l’ai pas encore fait (trop occupé à faire l’inverse;) mais il faut que je m’y mette. Du positivisme à l’américaine qui pourrait inspirer la France. Cette semaine avec une… Read more →

Mardi Gras : l’Amérique c’est aussi ça!

Il y a des dizaines de façons très différentes de vivre Mardi Gras à la sauce Louisianaise. Les costumes flamboyants des indiens de Mardi gras, la parade satirique du Krewe du Vieux à New Orleans, les femmes qui montrent leurs seins pour un collier à Bourbon Street, les parades de chiens, des barbecues improvisés à chaque coin de rue, de la musique encore et encore. Beaucoup d’alcool et de débauche toujours dans le respect de la police montée (ou presque).

Cette année, nous avons choisi d’aller observer de plus près une tradition qui date de l’arrivée des premiers cajuns en Louisiane : le courir de Mardi Gras. Après avoir battu la campagne à la recherche d’ingrédients pour préparer un “Gumbo” (plat typique), les hommes et quelques femmes arrivent bien éméchés dans le centre ville. Tous sont masqués, car ce jour là personne ne doit les reconnaître. Ils sont “Mardi Gras” et c’est d’ailleurs comme ça que les a appelés leur “captain” avant de les lancer dans les rues de la ville.

Une amie américaine nous racontait à quel point elle était terrorisée par ces hommes quand elle était petite. Je dois dire qu’il y a de quoi avoir peur en effet : les hommes arrivent dans des chars en hurlant et en faisant un maximum de bruit ; certains font tournoyer des poulets encore vivants dans les airs. Deux d’entre eux avaient peint leur peau en noir pour se déguiser en … afro-américain je présume ; et des hommes armés de faux fouets guidaient la meute. Ceci dit, l’ambiance est bon enfant, ces hommes jouent à faire peur se dirigeant vers les plus petits. J’en ai même vu un en train d’essayer de piquer une tétine à un bébé. Toujours amusant de voir les réactions des parents quand un mec soûl s’approche de sa progéniture..  Arrivés au coeur de la ville, le groupe se met à genoux pour chanter une chanson en français (s’il vous plait).

Le matin, les enfants avaient imité les grands en faisant le même parcours (l’alcool en moins). Les nôtres se sont bien amusés à se déguiser et danser sur la musique live. Une belle journée et une bonne occasion de manger de l’alligator frit, du boudin, du gumbo et des beignets (Alice avait faim;). En repartant, je me suis promis de prendre part à cette meute alcoolisée la prochaine fois. On ne peut pas rester spectateur toute sa vie :)

Quelques jours plus tôt, nous étions allés attraper quelques colliers lors d’une parade à Lafayette.

Une maitresse, des chocolats et un cornichon.

Un élève me demande en classe: “Monsieur! Where did you go for your Senior Trip?“. Ce qui en gros veut dire : “Où est-ce que vous êtes allé pour votre voyage après votre bac?”. J’ai failli lui parler du camping que j’avais fait près de Royan l’été de mon bac mais je me suis abstenu. Ici, la tradition veut qu’après le lycée, les élèves partent dans un grand voyage. je vous rassure, la plupart reste aux Etats Unis. Il y a même Disney qui propose des séjours personnalisés pour la jeunesse. “Moi, j’irai à Paris pour mon Senior Trip!” me dit une petite 6ème pour me faire plaisir. “Je peux te conseiller un camping près de Royan si tu veux” me suis-je aussi abstenu de répondre :)


 

Les élèves mangent peu le midi, certains ne mangent même pas du tout. Du coup, le grignotage est roi, les élèves se promènent tous avec un paquet de chips ou autres. Pas besoin de vous expliquer le problème sanitaire. Le truc le plus sain que je les vois manger en fin de journée est un “pickle“, une sorte de très gros cornichon qu’ils croquent à pleine dent. Vous savez, celui que l’on retrouve dans son Big Mac. J’ai toujours du mal à m’habituer à les voir manger ça. Ah oui, au fait, ces chips et pickles sont vendus par l’école. Ici un article américain de 2015 qui s’intitule: un cornichon par jour aide  à combattre l’anxiété. Je suis à deux doigts de lancer une rubrique santé sur ce blog :)


Ici, la Saint Valentin est pour tout le monde. A l’école notre fils de 6 ans a dû décorer une boite à chaussures avec des coeurs afin de recevoir les bonbons distribuer par ses camarades. Nous avons nous même participé à la fête en préparant un petit sachet de bonbons pour chaque enfant de sa classe. La maitresse a reçu de notre part une petite boite de chocolat en forme de coeur; chose qui se fait beaucoup. Les grands comme les petits s’offrent des cadeaux. Ils ont même inventé le “pity Valentine” : donner des cadeaux aux personnes célibataires. Une habitude qui rend folle cette journaliste australienne et qui intitule cet article : Arrêtez de me prendre en pitié pour la St Valentin.


Le collège américain se fout bien de ce que mange ses gamins. Mais il y a une chose qu’il prend très au sérieux : la photo de ses élèves. Ici, il n’y a pas de photo de classe parce que .. eh bien parce que il n’y a pas de classe. Tous les élèves changent de groupe classe à chaque nouvelle matière. Du coup, les élèves sont photographiés individuellement et c’est fait de manière très professionnelle. Deux studios photos sont recréés dans notre gymnase. Les élèves posent assis sur des marches en bois devant un fond de couleur.


2257092-inlineOn en parle certainement en France, Gad Elmaleh essaye de se lancer aux Etats Unis. Il est actuellement en résidence dans un petit club New Yorkais. La semaine dernière, il était sur le plateau du “Daily Show” qui avait reçu la veille le rappeur “Ice Cube” et les créateurs de l’excellente série “Making a murderer”. Bref, un tout nouveau monde pour le français. Il repart à zéro parce qu’ici personne ne le connait et j’admire la prise de risque. Le voici en anglais dans le talk show de Seth Mayers.


conferences

Aujourd’hui, c’était la réunion parents prof pour notre fils (6 ans). A notre arrivée sur les lieux, une petite fille sur le départ lance un “Hi! Nola” (prononcé avec amour “Haaayi Neuoulaa”). Après enquête, Nola nous explique que c’est une copine qu’il voit dans la cours. On en saura pas plus. On adore sa maîtresse parce qu’elle nous réconcilie un peu avec l’éducation US. Elle incarne ce que les américains savent faire de mieux : mettre en valeur les qualités des élèves. Elle a passé son temps à le complimenter tout en lui demandant de lire pour nous. Ms Bolinger, c’est son nom, affiche les plus beaux travaux de la semaine, récompense ceux qui lisent à la maison et donne même des petits cadeaux chaque semaine pour les bons comportements. Dans le cahier, les enfants ont une “Victory page” où l’enfant dessine ce qu’il a réussit à faire ce mois ci. Sur une autre page, l’enfant entoure un objectif qu’il aura cette année (travailler ses nombres, son alphabet, …).

Ms Bolinger appelle notre fils “My little friend” et comme tout américaine qui se respecte, elle use et abuse des formules “Je suis fier de”, “amazing” ou autre “such a great…”. Des termes qu’elle applique à chacun de ses élèves mais on sent l’effet positif que ça a sur notre “little boy”. Il nous montre fièrement les premiers textes qu’il a écrit en anglais. Sa soeur, à nos côtés, regarde en silence son grand frère obéir à sa maitresse. Tout est plus grand aux Etats-Unis, peut être même aussi la “grande école”. Il est 19.20 quand nous quittons la classe, je vole quelques photos au passage.

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