Month: September 2016

Notre premier rodéo

On a peu parlé de l’influence Texane en Louisiane mais elle est bien présente. Les Steak house, les magasins de cow boy, et les quelques saloons nous rappellent que nous ne sommes qu’à quatre heures de Houston. D’ailleurs, la plus grande prison de l’état,  “Angola“, a son propre rodéo fait par des prisonniers. Les rodéos de Lafayette se font au printemps et à l’automne.… Read more →

“Trouver l’argent n’est pas un problème”

Je ne sais pas d’où vient ce rapport à l’argent aux Etats Unis mais il est évident qu’on ne dépense pas son argent de la même façon ici. De la maternelle au lycée et dans toutes les écoles, le bon comportement des élèves est récompensé en faux billets. L’enfant est très vite amené à manipuler des billets et dans mes classes chaque année, j’ai toujours un gamin qui vient me voir : “Monsieur? Vous avez pas la monnaie sur 10 dollars?”. – “Non Brayden mais j’aimerais bien continuer mon cours s’il te plait…”.

L’une des choses que je trouve épatante ici, c’est la notion de collecte de fond. Les aides de l’état étant quasi inexistantes, les écoles, les associations et les entreprises passent leur temps à collecter des fonds. Du coup, les américains sont énormément sollicités et ont l’habitude, très tôt, de mettre la main à la poche. Une générosité américaine que j’ai souvent évoqué ici. Du coup, obtenir des fonds pour un projet est plus facile. “Trouver l’argent n’est pas un problème” est une phrase qui m’a été dite plusieurs fois cette année et je la comprends de mieux en mieux.

Trois exemples ces derniers jours.

photoSamedi dernier, nous avons été invité à l’anniversaire d’une petite dont la famille et ses amis étaient un peu “bourgeois bohème”. L’inverse du cliché américain sudiste. Les gens étaient minces, les couverts en plastique étaient recyclés, les enfants buvaient du jus de pommes bio, les bières étaient locales et le gâteau fait maison. Certains parents étaient pieds nus, d’autres arrivaient du quartier voisin avec un verre de vin à la main. Le papi et la mamie de la petite, des musiciens, ont chanté pour tous les enfants présents (voir photo) et sur le tapis du salon, deux mamans donnaient le sein à leur bébé.

C’est alors que le papa a agité un grand conteneur au dessus de sa tête : “Comme vous le savez, nous vous avons demandé de ne pas ramener de cadeaux pour notre petite. A la place, vous pouvez, si vous les souhaitez, mettre quelques dollars ici pour une association pour les démunis”. C’est pas beau ça!! Si si, vous pouvez les dire : “God bless America!!” :)


Autre exemple, aujourd’hui. Pour préparer une sortie scolaire, j’ai organisé avec mes élèves, une vente de gâteaux entre 11h50 et 12h20. En 30 minutes, les élèves ont vendu pour 120 dollars de cupcakes, brownies et autres cookies à leurs camarades. Juste énorme. Une collègue prof de maths, nous a même donné 20 dollars sans même prendre de gâteaux.


Cette année, je travaille sur une nouveau projet de film avec un ami. On m’a très vite conseillé de faire des demandes de bourse. L’héritage à nous autres, aussi amateur qu’il soit, est un petit film qui m’a ouvert beaucoup de portes et aux Etats Unis, ça veut dire notamment beaucoup de bourses. Le film a été bien reçu dans la communauté et j’ai gagné la confiance de pas mal de gens. Du coup, j’ai pu obtenir de l’argent pour m’aider dans la production du prochain film. Ci-dessous, une photo de moi qui tient un chèque de 1000 dollars.

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De même, dans la catégorie “l’argent n’est pas un problème”; un organisme privé nous a donné pour 10 000 euros de matériel audio pour faire un club radio. J’ai un peu sauté sur l’occasion. Quelques images de mes élèves de 8ème grade qui appréhendent le matériel.

Des détails Américains, toujours et encore.

Des détails Américains, toujours et encore.

Alice a commencé un remplacement à long terme dans une classe de CM1. A son arrivée une collègue lui tend un sac de bonbons “Tiens c’est pour tes élèves pour leur bon comportement de la semaine”. Nos enfants eux, rentrent souvent avec des jouets (petites voiture ou autres) pour les féliciter de leur travail. Le retour en France va nous faire… Read more →

Le jour de l’année


Troisième année dans mon collège américain. Ici le collège dure 3 ans et j’ai l’impression de faire mes 3 années de collège réglementaire. Je suis arrivé comme un élève boutonneux complètement paumé et je termine avec l’assurance de ceux qui connaissent le bâtiment, du poil au menton. Troisième année et toujours le même constant affligeant sur les rythmes scolaires américains. Toi aussi tu as regardé ces séries pour ados ? Tu sais celles où Zack et Kelly se parlent en fermant leurs casiers ? « Salut Kelly, ça gaze … bon, je te laisse je dois aller en histoire… » Grosse nouvelle pour toi l’ami, Dylan et Brenda sont issus d’un système éducatif complètement aliénant. Pourquoi Parker Lewis et compagnie font toutes leurs scènes dans les couloirs selon toi ? Bien vu, ils n’ont pas de récréation. Et je ne m’en remets toujours pas.

C’est marrant quand c’est un personnage télé mais quand c’est ton fils c’est moins drôle. La phrase de la semaine est de lui :
Moi              « T’as été en récréation aujourd’hui ? »
Mon fils :    « Oui j’ai été au cercle »
Moi :           « Et vous jouez au cercle. »
Mon fils :    « Non, on tourne en rond mais c’est bien on a le droit de parler »

Bon la troisième année c’est l’âge de la maturité et à mesure que le retour en France se rapproche, on réalise ce qu’on a ici aux Etats-Unis. Car force est de constater que Dylan et Brenda n’ont certainement pas connu de profs en grève ou même des enseignants qui « cassaient leurs élèves ». Les parents de Parker Lewis étaient forcément impliqués dans la vie de l’établissement et participaient au « Homecoming » ou autre parade d’ Halloween. L’éducation à l’américaine ce sont des personnes enthousiastes qui ne râlent pas (savent pas faire) et qui font le mieux avec ce qu’ils ont. L’école n’attend pas d’aides de l’état, elle collecte des fonds pour avancer. On félicite et récompense les élèves à ne plus savoir quoi dire et on utilise le sport pour fédérer élèves, parents et enseignants.

Je viens de lire un article sur une prof française qui sortait un livre pour critiquer le système de formation des profs. La belle a même été invitée sur les plateaux de télé pour expliquer pourquoi elle ne voulait plus enseigner. Et pour cause, en France on adooorre critiquer. Aux Etats-Unis, cette jeune femme n’aurait pas trouvé d’éditeur et serait restée au boulot pour ne pas perdre son travail. La France a l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde et les médias feraient bien de ne pas exhiber le moindre prof qui a passé une année difficile. On mérite mieux que ça.

Zack et Kelly auraient été malheureux au collège Daguerre de Cormeilles en Parisis mais ils auraient eu, je pense, un meilleur niveau scolaire et plus de temps pour socialiser. Comparer les deux systèmes est sans fin. Le blogueur du dimanche que je suis, essaye de faire le tri, esquivant comme il peut les stéréotypes et les idées reçues. D’un côté comme de l’autre de l’océan, les jeux sont faits, les élèves sont rentrés, le cartable posé à leurs pieds et le menton levé. On écrira la date dans les cahiers au crayon ou au stylo. Le jour de l’année : l’un des seuls points communs entre ces deux côtés de l’atlantique, ces deux réalités qui s’opposent sans même le savoir.

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